Le Jeu de l'amour et du hasard : Commentaire sur La scène 3 de l'acte II

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Auteur : Pierre de Marivaux

Analyse de : Claire Cornillon

Ce commentaire littéraire propose une analyse approfondie de la scène 3 de l’acte II du Jeu de l’amour et du hasard de Marivaux, avec le texte étudié, une mise en contexte et le commentaire en lui-même, structuré en différentes parties. Des clés pour mieux comprendre quelques-uns des enjeux essentiels de cette œuvre pleine de charme.

Comme un miroir du duo amoureux que forment les deux maitres, dans l’extrait étudié, Arlequin et Lisette se font également la cour. Les valets jouent ici le rôle des maitres, parodiant les usages galants. Dans ce jeu de masque et de travestissement, les véritables identités sont cachées et chacun joue un rôle sans savoir que son interlocuteur interprète tout autant un personnage. Ce que l’on a appelé le « marivaudage », ou le jeu de séduction fondé sur le langage, que pratiquent avec finesse les personnages du dramaturge, trouve ici un contrepoint où l’art de convaincre de son amour devient particulièrement comique.

Après une mise en contexte, le commentaire composé s’intéresse au thème du travestissement, puis aux personnages de Lisette et Arlequin, qui forment un duo amoureux parodique et dont les dialogues se transforment en une véritable rhétorique de l’amour. Enfin, le rôle d’Arlequin en tant que valet comique est également commenté.

Structure de ce commentaire du livre

  • Texte étudié (3 pages)

    Le passage de l’acte II, scène 3 du Jeu de l’amour et du hasard reproduit

  • Mise en contexte (1 pages)

    Quelques éclairages pour mieux aborder l’analyse de l’extrait

  • Commentaire (2 pages)

    Le texte étudié à la lumière des thèmes du jeu de masque, du travestissement, du duo amoureux parodique et de la figure du valet comique Arlequin

Pierre de Marivaux

Pierre Carlet de Chamblain de Marivaux, né à Paris le 4 février 1688 et mort le 12 février 1763 à Paris également, est un écrivain français issu de la petite noblesse normande. Dramaturge, il écrit plus de quarante pièces de théâtre et plusieurs romans. Il témoigne à travers son œuvre de la société française du début du XVIIIe siècle. Élu à l’Académie française en 1742, Marivaux est un homme d’esprit qui fréquente les salons littéraires. Il est avec Molière, Corneille, Musset et Racine, un des auteurs les plus joués de la Comédie-Française.

Biographie de Marivaux

Marivaux est élevé en province à Riom, en Auvergne, où son père, fonctionnaire, occupe un poste d’intendant dans l’administration de la Marine et de la guerre, puis directeur de l’hôtel des Monnaies de la ville.

Il arrive dans la capitale en 1714 pour y étudier le droit, mais délaisse rapidement ses études pour se consacrer à la littérature. Il les terminera des années plus tard, mais ne pratiquera jamais le métier d’avocat auquel il était destiné. Il se lie d’amitié Fontenelle, fréquente le salon de Madame Lambert et prend parti pour les Modernes dans la querelle qui les oppose aux Anciens.

Si son œuvre littéraire est très variée, c’est pourtant le théâtre qui le passionne le plus et auquel il consacrera sa vie. Il s’essaye d’abord à la parodie et à la satire, et collabore également au Nouveau Mercure, gazette pour laquelle il écrit des articles, dès 1717.

L’année suivante, il épouse Colombe Bollogne, héritière d’un riche avocat qui lui donne une fille Colombe-Prospère et lui apporte la prospérité financière qui lui permet de se consacrer à l’écriture. Sa première œuvre connue s’intitule Le Père prudent et équitable ou Crispin, l’Heureux Fourbe et est représentée pour la première fois en 1706. Mais c’est avec des comédies telles qu’Arlequin poli par l’amour, en 1720, Le Jeu de l’amour et du hasard en 1730, ou Les Fausses confidences en 1737, qu’il connaît le succès. Moraliste, son œuvre se veut une recherche d’un monde vrai, sans faux-semblant, et une étude du sentiment amoureux. D’ailleurs, pour qualifier la subtilité du langage galant de ses personnages séducteurs, on parle de « marivaudage ».

Mais en 1720, il est victime de la spéculation du système de Law. Imaginé par l’Écossais John Law, ce système financier développe l’utilisation de la monnaie papier, plutôt que la monnaie métallique, pour faciliter le commerce international et aider à la liquidation des dettes d’État. Son épouse meurt trois ans plus tard. Ruiné, il doit travailler pour survivre. 

Marivaux s’intéresse au théâtre mythologique et héroïque, mais c’est avec la commedia dell’arte qu’il développe son genre. Le thème central de son œuvre : l’amour sous toutes ses formes, et notamment le sentiment amoureux. Jugé à tort comme frivole ou superficiel, il décrit en réalité avec beaucoup de finesse le cœur et la psychologie humaine. Derrière le jeu des masques, le travestissement de la vie sociale, Marivaux parle aussi, en filigrane, de sincérité et de vérité.

Connu essentiellement comme dramaturge, il est également l’auteur de deux romans inachevés, La Vie de Marianne (1726-1741) et Le Paysan parvenu en 1735.

Œuvres de Marivaux

1725 : L’Île des esclaves. Des naufragés débarquent sur l’île des esclaves et sont obligés de se conformer aux règles locales. Ils doivent permuter leurs conditions. Les maîtres deviennent esclaves et inversement. Mais ce remplacement n’est que d’usage. Seul celui du cœur rendra l’égalité à tous. Le pouvoir change de camp. Dans cette œuvre, Marivaux mêle la comédie, le burlesque et noblesse de l’âme.

1730 : Le Jeu de l’amour et du hasard. Silvia est promise à Dorante. Mais elle ne l’a jamais vu. Elle invente, alors, un subterfuge pour tester son prétendant à son insu. Et pour se faire, elle échange sa place avec sa servante Lisette. Mais ce qu’elle ne sait pas, c’est que Dorante a fait de même avec son valet. À partir de ce moment, il n’est question que de quiproquos et de malentendus. Les masques finiront-ils par tomber ? Découvrez notre analyse du Jeu de l’amour et du hasard.

1731-1741 : La Vie de Marianne. Publié en plusieurs parties, Marivaux écrit ici un roman qui restera inachevé. Marianne décrit sa destinée à travers un récit épistolaire, elle raconte son passé de pauvre orpheline à la femme devenue comtesse. Élevée par un curé de village et sa sœur, elle se retrouve seule et sans fortune à Paris après la mort de ses tuteurs. La jeune femme devient alors l’objet de convoitise des hommes qu’elle rencontre. Avec ce personnage, Marivaux représente la femme moderne qui revendique le droit à être elle-même.

1735 : Le Paysan parvenu. Dans ce roman inachevé lui aussi, Marivaux retrace les mémoires de Jacob de la vallée. Fils de paysan et fraîchement débarqué de sa Champagne, il n’a qu’une obsession, s’enrichir. Il va donc apprendre les usages à une vitesse stupéfiante. Pour cela, il saura user de son charme et de son physique auprès des dames sans que la morale vienne troubler son dessein. Son ambition est redoutable, son ascension n’en sera que plus éclatante.

1737 : Les Fausses confidences. Dorante est un beau jeune homme, mais il est pauvre. Fou amoureux d’Araminte, une jeune et très riche veuve, il n’a aucun espoir de la réciproque puisqu’il n’a aucune situation. Alors pour se rapprocher d’elle, il use d’un stratagème. Avec l’aide de Dubois, un ancien valet et le roi des intrigues, il se fait embaucher comme secrétaire. Commence alors le ballet des promesses, mensonges et autres manipulations. Téléchargez le document Les Fausses confidences résumé.

1744 : La Dispute est une formidable comédie sociale dont la thématique est l’origine de l’infidélité conjugale. Hermiane est convaincue qu’il s’agit d’un trait exclusivement masculin. Le Prince, qui convient de la chose, demande malgré tout une analyse plus fine de la question. Selon lui, les femmes sont inconstantes de nature. Il faut donc examiner cela scientifiquement. Seule l’expérience donnera une réponse exacte. Qu’en ressortira-t-il ? Marivaux nous donne à voir une nouvelle fois les méandres de la psychologie humaine. Continuez l’analyse de La Dispute de Marivaux.

Dates clés à retenir

4 février 1688 : Naissance de Pierre de Marivaux

De son patronyme complet, Pierre Carlet de Chamblain de Marivaux, né à Paris, est plus connu sous celui de Marivaux. Il est issu de la noblesse normande, mais grandit en province. Il étudiera le droit, mais ne fera jamais carrière dans cette discipline, l’appel de la littérature et du théâtre en particulier seront plus fort. Il fréquente les salons et ses protecteurs l’encouragent vivement à poursuivre ce chemin. Il connaîtra le succès de son vivant et sera l’un des auteurs les plus reconnus du XVIIIe siècle en renouvelant l’approche de la psychologie humaine.

1720 : Banqueroute personnelle

Séduit par le système de Law qui préconise l’utilisation de la monnaie papier plutôt que la monnaie métallique, il fera faillite en même temps que la banqueroute de la Banque générale. Il doit donc travailler pour subvenir aux besoins de sa famille.

24 décembre 1742 : Élection à l’Académie française

Après deux tentatives, et avec l’aide de Mme de Tencin, il est enfin élu. Il occupe le fauteuil n° 24 en remplacement de l’abbé Houtteville et contre Voltaire  

1721 : Carrière journalistique

Il fonde le Spectateur français (1721-1724) et collabore au Nouveau Mercure.

1722 : Carrière de dramaturge

Il connaît ses premiers succès populaires au théâtre avec La Surprise de l’amour, mais aussi La Dispute, Les Fausses confidences, et bien d’autres. Découvrez notre ressource à imprimer : Les Fausses confidences analyse.

1737 : Carrière de romancier

On lui connaît trois ouvrages dont deux inachevés.

12 février 1763 : Décès de Marivaux

Il meurt de pleurésie à Paris à l’âge de 75 ans.

A propos du livre "Le Jeu de l'amour et du hasard"

Œuvre de maturité où l’intrigue amoureuse ne trouve comme obstacle que la propre comédie que jouent les personnages, Le Jeu de l’amour et du hasard, comédie en trois actes jouée pour la première fois à la Comédie Italienne le 23 janvier 1730, met en scène un couple de jeunes gens, Silvia et Dorante, que leurs pères ont promis l’un à l’autre mais qui, par crainte de ne pas aimer leur prétendant, décident chacun de leur côté de se déguiser en valet pour sonder le cœur de celui ou de celle qui leur est destiné. Etonnés tous deux de tomber amoureux d’un valet et d’une soubrette, ils finissent par se révéler leur identité, supprimant de ce fait tout obstacle à leur amour.

Informations techniques

ISBN papier : 9782806236135

ISBN numérique : 9782806232885

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